UT4M 2026

Une CGFMOISE : Céline H. nous raconte avec passion son aventure hors-norme accompagnée de magnifiques photos !


C’est ma 2ème participation à l’UT4M XTREM 180. En 2025, le parcours ayant été raccourci pour causes d’orages, je suis revenue cette année espérant pouvoir participer au format intégral. Je n’ai pas été déçue. Le parcours a subi seulement 2 modifications : le contournement d’un plateau trop exposé aux orages annoncés et la suppression d’un col enneigé : au final parcours de 170KM/11190mD+ contre 176km/11590mD+ initialement prévus. Ces adaptations de parcours sont la force de l’organisation UT4M qui pense avant tout à la sécurité des coureurs, des bénévoles et du public (très nombreux cette année).


Quelques chiffres pour commencer mon récit :


Départ de Seyssins le 17/07 à 09H00 et arrivée au plus tard à Grenoble le 19/07 à 19H00 ce qui laisse beaucoup de temps pour boucler le parcours sans le stress des barrières horaires (autre point fort de l’organisation UT4M).
4 massifs parcourus autour de Grenoble : Vercors, Taillefer, Belledonne et Chartreuse avec un passage par la citadelle de Grenoble en prime.


360 partants dont 25 féminines / 228 finishers dont 17 féminines : 37% d’abandon !!
Premier Homme en 27H44 / Première Féminine en 30H52 et Bibi en 54H31 (on ne se moque pas : je suis Finishers, ce qui est en soin pas si mal et j’ai au moins 30 ans de plus que ces champions ce qui fait de moi la plus âgée des participantes!).


Le premier massif abordé est le Vercors avec le point culminant du parcours à 1930m.

Ces premiers 43KM/2990D+ sont devenus au fil des km une vraie épreuve à surmonter: aucune énergie, migraine, nausées, crampes aux cuisses…. et bien évidemment beaucoup d’interrogations et d’incompréhension (voir en fin d’article une explication à ces phénomènes). Heureusement le Vercors bien qu’étant le plus « facile » des 4 massifs demande une attention de chaque instant (cailloux, roches, escaliers…) et offre de magnifiques points de vue sur la vallée grenobloise….. de quoi occuper mon esprit et chasser les pensées négatives qui commencent à pointer le bout de leur nez.

L’ascension se fait donc bonnant malant entre contemplation de cet environnement quasi méridional et lutte permanente. La redescente vers la vallée avec ses forêts étouffantes et ses passages routiers sous un soleil de plomb finit par épuiser mes dernières forces physiques et mentales. J’arrive donc au ravitaillement Saint Georges de Commiers (43ème km/2990mD+), vidée, le moral en berne, blanche comme un linge, les cuisses douloureuses (crampes), prête à arrêter l’aventure. Mais c’était sans compter les bons soins de mon époux (dont ses fameux massages salvateurs), une looooongue pause pleine de tergiversations

(je continue/j’arrête/le pour/le contre), une fin d’après-midi annonciatrice de températures moins chaudes, le massif de Taillefer à 2 encablures (mon petit chouchou de l’UT4M) et les encouragement du responsable de poste. Je repars donc cahin-caha sur les sentiers … au moins jusqu’au prochain ravitaillement, je verrai ensuite.

Taillefer 1


Taillefer reste mon massif préféré avec le point culminant du parcours à 2078m : 42km/2600mD+ parcourus entre tombée du jour et levée du soleil. Magique ! Tant bien que mal je passe ma 1ere cible, la relative fraîcheur de la nuit me revigorant petit à petit. Je vise maintenant le ravitaillement suivant qui propose une zone de repos : ravitaillement de La Morte qui sera pour moi celui de La Ressuscitée. Un bon gros dodo (à ma grande surprise, je tombe comme une masse dans les bras de Morphée) et un bon gros vomito (petite pensée à qui vous savez) plus tard,

me voilà requinquée, le moral remonté à bloc, prête à affronter la montée ultime jusqu’au sommet du parcours et le tant entendu plateau des lacs. Quelle merveille ! Au lever du jour, j’arrive dans un petit paradis, un plateau verdoyant et vallonné parcouru de torrents et de petits lacs, le tout entre ciel et pics rocheux d’où coulent des cascades vertigineuses. Je m’arrête sur une hauteur et prends le temps d’admirer le soleil levant. Inoubliable !

Taillefer 2


7km et 1500mD- plus tard (descente très technique dans les roches et cailloux roulants), j’arrive à la base vie de Rioupéroux (85ème km/5600mD+) où m’attendent mon époux et un sac d’allègement. Je fais une petite toilette de chat, me change, avale 2 bouchées de pâtes mouillées avec du bouillon salé et re-salé et 2-3 morceaux de pastèque ! Un vrai festin ! Je revis après une diète imposée de 24H!
Un bisou et hop ! direction le massif de Belledonne !


Belledonne, point culminant du parcours à 2338m. 43km/2830mD+ qui commencent par un beau km vertical jalonné de petits panneaux annonçant le dénivelé parcouru par tranches de 100 ou 200mD+ : du pur sadisme ! Cette montée nous amène à un plateau (90ème km/6700mD+) accessible au public et quel public ! Une vraie fête ! De quoi remotiver les troupes ! A ce niveau de la course, les groupes de niveau se forment, des repères se mettent en place parmi les coureurs ainsi que leurs accompagnateurs. Ces repères sont pour moi essentiel sur un ultra. Ils sont réconfortants. Pas besoin de beaucoup mots, une présence suffit.


Passé la Croix de Chamrousse (95ème km/7320m D+) et sa foule en délire (trop peut être…), j’arrive dans la zone la plus sauvage de Belledonne. Petits sentiers sinueux entre roches, lacs et refuge du bout du monde. Un vrai bonheur…..jusqu’à ce qu’un pic vertical apparaît devant nous, le Col du Loup. Montée sèche et courte mais avec plus de 100km/7700mD+ dans les jambes, elle me semble irréalisable. Et pourtant, pas après pas, je l’avale et enjambe la crête sans oublier de jeter un œil en arrière (oui oui j’étais là bas tout en bas…) et échanger 2 mots avec les guides bénévoles présents sur ce sommet, gardiens des lieux et de notre sécurité.


Qui dit montée, dit descente et quelle descente ! Névés, éboulis, jeux d’équilibre sur les roches, désescalades …. et enfin sentiers forestiers : 15km/2000mD- de descente. Au ravitaillement de Villard Bonnot (121ème km/ 8150m D+), je retrouve, en début de nuit, mon époux. Revigorée par sa présence et un rafraîchissant soda aux agrumes (petite commande spéciale), j’attaque la très peu palpitante traversée de la vallée qui nous mène à Saint Nazaire Les Eymes : 6km de plat sur route entre voie ferrée, piste cyclable, chemins bien glauques ….portion à vite oublier. Heureusement la base vie arrive (128ème km/8220mD+) avec mon fidèle supporter/calineur/ masseur, un sac d’allègement, un change propre, une zone de repos (2eme dodo de 30min : je m’en étonne encore, moi qui n’ai jamais pu dormir sur un ultra).


Un câlin plus tard et 2 bouchées de pâtes salées, je file au milieu de la nuit sur les sentiers du Massif de Chartreuse.


Chartreuse, point culminant du parcours à 1970m – 42km/2800mD+. Je m’enfonce seule dans la forêt et attaque une longue montée de 14km/1800mD+ : petit cadeau, une belle chute avec atterrissage sur un rocher la tête la première (ma pommette gauche s’en souvient encore). Malheureusement, je ne profite pas du 2ème lever de soleil qui joue à cache avec les arbres. Le chant des oiseaux m’accompagne ainsi que de puissants bêlements dont je ne verrai jamais les auteurs. A partir de là, fini la tranquillité, de nombreuses courses de retrouvent sur les chemins, des épreuves plus courtes avec leurs élites qui nous doublent à toute allure en montée et en descente mais toujours avec un petit mot d’encouragement pour nous, les dossards rouges.


Le ravitaillement de Sappey au 152ème km/10300mD+ est une vraie fourmilière, beaucoup beaucoup de supporters, beaucoup de bravos, de musique, d’applaudissements…. Un vrai tourbillon de sons et de couleurs. Les 20 derniers km me permettent de croiser Sam que je laisse filer comme l’éclair dans une descente caillouteuse (une simple formalité pour Sam, un enfer pour moi). Nous traversons le fort du Saint Eynard et entamons la longue descente vers l’arrivée en passant par la Bastille de Grenoble.


Je suis la 200ème coureuse du XTREM180 à passer sous l’arche en 54H31, lessivée mais heureuse et fière de mon parcours quelque peu chaotique et ceci grâce à la présence de mon époux, à la grande bienveillance des bénévoles et de l’ensemble des participants qui ont croisé ma route.


Petite explication sur mes mésaventures Vercors (merci au coureur/coach sportif avec qui j’en ai longuement discuté): la chaleur aidant, j’ai bu beaucoup d’eau, beaucoup trop par rapport à la quantité d’eau supplémentée en électrolytes. A ceci s’ajoute une transpiration abondante. Résultat : je n’ai pas su maintenir dans mon organisme l’équilibre en sels minéraux vital pour une hydratation optimale et un bon fonctionnement musculaire et nerveux. La bonne conduite (dans mon cas) est de ne boire que du mélange eau/électrolytes et n’utiliser l’eau pure que pour se rincer la bouche. Sur la suite de mon parcours, j’ai donc adopté la Saint Yorre additionnée de sel (ma carence en sel était telle que je ne ressentais pas le goût du sel) et ma boisson enrichie en électrolytes. Les crampes ont disparu mais j’ai conservé les nausées et la fatigue. Encore une leçon à retenir pour mes prochaines aventures !

Céline.

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Bravo Céline !

Immense respect pour ce que tu as accompli et pour la 2 -ème fois !

Que dire de plus .

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