ULTRA-FABIENNE au 24 heures de BALE

5ème participation de Fabienne a ces 24h et 2ème victoire consécutive chez les féminine avec un record personnel porté à 203,817 km (Niveau Nat 2 FFA) et aussi une 3ème place au scratch H et F confondus (49 classés) … une autre performance exceptionnelle!

Fabienne pulvérise son ancien record (190,731 km en 2014) dans des conditions méteo détestables.

Jugez plutôt : de 31° dans l’après midi de samedi à 10° dans la nuit avec un orage torrentiel de minuit à 2h du mat. suivi de grisaille (13° maxi) et vent tournant jusqu’au terme de la course.
Fabienne avait de bonnes sensations dès le départ et le cap des 100km fut passé après 10h30 de course, aujourd’hui c’est mon jour ! disait-elle….. et cela s’est vérifié au fil des tours (1100m) qu’elle empilait allègrement.

Super Fabienne a passé la barre des 200 kilos, qui est l’équivalant de la barre des 2h45 (Fem) à passer sur un marathon

A partir de minuit, Fabienne a également retrouvé un autre coureur du Cgfm,
Arnaud Boiron qui a pris le départ de la course des 12h pour réaliser 87 km et 12ème sur 31 .

24h mémorables dans les souvenirs Ultra de Fabienne qu’elle détail ci-dessous 

Samedi 12 mai 2018 Je m’apprête à prendre le départ de mon 8ème 24h (dont le 5ème à Bâle).

Un petit rappel du principe : 1 circuit d’environ 1km qu’il va falloir parcourir le plus de fois possible en 24h. (Finalement, c’est tout con…Cela ressemble à une règle du jeu d’Intervilles, mais sans costume, ni vachette).

Le circuit de Bâle est très agréable. Il se situe dans le parc St-Jakob qui est un site dédié au sport : terrains de foot, de beach-volley, des allées, de la verdure. C’est beau, c’est vert, c’est calme.

Idéal pour y tourner en rond.

De plus, l’organisation est au top, les ravitaillements parfaits. Je n’ai, d’ailleurs, que très peu de ravitaillement personnel. Je sais que je m’alimente peu et que je trouverai largement mon compte dans ceux mis à disposition par l’organisation.

Et, je n’ai pas d’accompagnateur pour m’assister. Donc, place à la simplicité.

11h30 : il fait 31°C…chaud…chaud…chaud…d’autant plus que 80% du parcours est en plein cagnard.

Lors de mes précédents 24h, le principe de prudence me faisait parcourir les premiers 100km en 11h-11h30. Aujourd’hui, je décide de prendre en peu de risque et lâcher les chevaux. Je me sens en confiance. La chaleur ne m’effraye pas. J’ai passé les 10 derniers jours à m’acclimater spécifiquement pour ça.

12h : C’est parti !!

Les premières heures se passent bien. Je trouve mon rythme de croisière et veille à mon hydratation. J’alterne eau plate, Rozanna (pour un brin de magnésium), et St-Yorre (pour une touche de potassium).

1 tour je bois, 1 tour je m’arrose…etc…

Autant dire qu’il faut rester concentrer pour ne pas s’emmêler les pinceaux et s’arroser de St-Yorre. ! Cela répond à cette question récurrente « A quoi on pense en courant ainsi en rond ? ».  Au final, on n’a guère le temps de penser à autres choses qu’à l’instant présent.

Vers 16h, heure du goûter ! J’ajoute un gobelet de coca et 3 Chamonix. Pour ceux qui ne connaissent pas (les trop jeunes et les diabétiques), ce sont des gâteaux un peu vieillots, ersatz de pain d’épices, fourrés à l’orange, dont même l’emballage étrange n’a pas changé depuis 1950… Mais testez ! Cela descend tout seul lors de l’effort.

Je me sens bien. Les kilomètres s’égrainent relativement aisément jusqu’au soir. Je dois naviguer entre 9,8 et 10km/h de moyenne. Mais, je ne n’utilise pas mon chrono. Je me laisse guider par mes sensations.

La température baisse doucement, ce qui n’est pas désagréable !

19h : Souper ! J’avale un gobelet de bouillon bien salé et 3 cuillérées de riz.

La chaleur a fait des dégâts dans le peloton. Plusieurs coureurs sont, déjà, en difficulté à ce moment de la course.

Les participants du 12h, qui partiront à minuit, s’installent tranquillement. J’aperçois Arnaud.

Je me sens toujours étrangement bien. Il est de coutume de dire, sur 24h, que cela ne dure jamais bien longtemps. Mais, je n’y pense pas et n’ai pas peur. Je profite de l’instant.

D’autant plus que la nuit tombe. Et, quel pied de courir la nuit !

22h30 : Je passe les 100 bornes !  Yes !. Cela me met dans de très bonnes dispositions pour la suite.

23h30 : L’orage, qui nous menace depuis quelques heures, éclate au-dessus du circuit.

Le déluge s’abat au moment où s’élance le 12h.

J’enfile rapidement mon coupe-vent. Mais, cela ne suffit pas. La température chute brutalement. Il me faut enfiler collant, pantalon imperméable et maillot long supplémentaire…tout cela trempée, les pieds dans l’eau….(Engagez-vous qu’ils disaient !!). J’abrite, tant bien que mal, mes affaires sous les bâches dégoulinantes.

Cette pluie durera près de 3h… Cela garde éveillée !!

A 3 reprise (minuit, 2h, 4h), je bois un gobelet de thé noir auquel j’ajoute un gel caféiné.

A côté de cela, je poursuis mon hydratation mais n’ai guère faim.

Seuls 3-4 Chamonix supplémentaires seront sacrifiés sur l’autel de la glycémie, avant le lever du soleil.

Durant la nuit, j’accrois doucement mon avance sur la seconde féminine. Elle s’arrête régulièrement. Cela me permet d’observer son visage. Je comprends alors qu’elle ne reviendra pas sur moi. Mais, cette fois, l’essentiel est ailleurs.

Les premiers rayons du soleil pointent à l’horizon. Il fait 10°C. Je m’arrête une nouvelle fois au stand pour enlever mes vêtements mouillés et me changer, avant d’être frigorifiée.

6h : p’tit déj ! 2 gorgées de café et une part de gâteaux à la crème déniché sur le ravito.

A présent, il reste 6 heures de course. Je calcule et recalcule dans ma tête (disons qu’à cette heure-ci, vaut mieux s’y reprendre à 2 fois…)

Mathématiquement, les 200 sont atteignables. Mentalement, cela ne fait aucun doute. Reste à convaincre mes jambes. Jusque là, je n’ai pas marché. Il va falloir tenir encore.

Je reçois le soutien de nombreux participants. L’entraide n’est pas un vain mot dans le monde de l’ultra-distance.

Je tente, tant bien que mal, de m’accrocher à la foulée d’Arnaud, qui a la gentillesse de ralentir pour me donner un coup de pouce. On papote, on se marre en pariant que Gérard ne tardera pas à débarquer.

Pari tenu quelques instants plus tard ; Notre gesticulant Gégé est au bord du circuit. Il nous apportera un soutien supplémentaire, tout comme mon père et son amie, venus en fidèles supporters.

Les dernières heures sont terribles….mais est-ce utile de le préciser ?

Alleluia ! L’essentiel est atteint ! Je passe ENFIN cette fichue barre des 200 bornes qui me fuyait depuis si longtemps. Le travail de ces longues années a fini par payer.

Gong de fin : 203,817 km

Il faut croire que les planètes étaient alignées pour cette journée.

Comme il y a des courses durant lesquelles rien ne va, il y a celles où tout roule. L’ultra-distance est un puzzle où chaque pièce est précieuse : préparation physique, préparation mentale, hydratation, gestion du sommeil, logistique…

Alors, où donc s’est faite la différence ? Il faut croire que c’était simplement mon jour…et que, quelque part, j’en étais convaincue…

En espérant avoir donné à certaines ou certains d’entre vous l’envie de tenter l’aventure..

Merci à toutes et tous pour vos mots de sympathie et votre soutien.

Merci à Arnaud pour ces quelques tours de pistes partagés.

Merci à Gégé pour sa présence et sa patience (depuis le temps que je lui disais que cela payera un jour !).

Sportivement

Fabienne

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